Relations entre oiseaux marins et pêcheries : albatros sentinelles de l'océan Austral

Citation
Corbeau A (2020) Relations entre oiseaux marins et pêcheries : albatros sentinelles de l’océan Austral. PhD, Université de La Rochelle
Abstract

Comme nous l’avons vu précédemment peu d’études se concentrent sur les interactions entre les oiseaux marins et les bateaux et de nombreuses questions demeurent. Dans ma thèse je me suis donc intéressé à ces zones d’ombre en prenant le modèle des grands Introduction générale albatros pour répondre aux questions suivantes et émettre un certain nombre d’hypothèses : - Les comportements de recherche alimentaire des oiseaux marins sont-ils différents entre la recherche de nourriture naturelle et celle associée à un bateau ? (Chapitre 1). ➔ L’attraction au bateau lbatr de différents facteurs et notamment de la lbatross du bateau par les oiseaux et par la lbatros de congénères. Cela doit conduire à un temps plus important passé derrière les bateaux et une sinuosité plus lbatross attendant l’accès à la nourriture. De plus, les différentes pêcheries rencontrées par les lbatross ont des pratiques distinctes et donc offrent des accès différents à la nourriture pour les oiseaux marins. Le temps d’attente pourrait être plus grand sur les pêcheries à la légine qui ne travaillent que la nuit et sur de plus petites palangres.

- L’exposition au risque de captures accidentelles est-elle différente d’une population et d’une espèce à l’autre ? (Chapitre 2) - La principale cause de mortalité des grands albatros est liée à leur interaction avec les bateaux. Les différentes espèces et populations de grands albatros de l’ensemble de l’océan Indien ont des comportements et tendances populationnelles différents. Nous nous attendons donc à voir les albatros d’Amsterdam, à très forte croissance populationnelle, être moins exposés que les populations de Marion qui sont en légère hausse ou que les populations de Crozet et de Kerguelen qui sont stables.

- L’estimation du risque de captures accidentelles actuelle est-elle la plus pertinente et la plus fine possible ? (Chapitre 2) ➔ Les données haute résolution des oiseaux, mais aussi des bateaux sont maintenant disponibles, il est donc possible de développer une méthode permettant une estimation à plus fine échelle des interactions entre les oiseaux et les bateaux et ainsi de mieux évaluer le risque de captures accidentelles.

- L’utilisation de l’habitat ne diffère-t-elle pas entre les populations et les individus aux traits d’histoire différents ? Cela ne résulte-t-il pas d’une différence d’exposition au risque de captures accidentelles ? (Chapitre 3)

4. Objectifs et structure de la thèse - Nous nous attendons à ce que les traits d’histoire de vie des individus tels que le sexe ou l’âge aient une grande influence sur l’utilisation de l’habitat et l’exposition au risque. Nous prédisons que la population de Kerguelen, qui a un vaste plateau péri insulaire très productif, a un comportement diffèrent de celle de Crozet qui dispose d’un petit plateau. Nous soupçonnons aussi que les femelles, qui se nourrissent plus au nord de leur colonie que les mâles, seront plus exposées au risque de captures accidentelles notamment du fait de leurs rencontres avec des pêcheries aux thons non réglementées. - Les oiseaux de Kerguelen sont plus en contact avec des pêcheries déclarées et « peu dangereuses », ils devraient donc être naturellement plus attirés par les bateaux. Les bateaux de pêche fournissent de grandes quantités de nourriture contrairement aux cargos ce qui devrait attirer plus les oiseaux. Enfin l’influence des rejets de pêche sur l’attraction n’a pas été clairement étudiée même si nous supposons qu’ils sont très attractifs.

Quels sont les éléments qui peuvent influencer l’attraction aux bateaux chez les albatros : l’origine de l’oiseau (Crozet ou Kerguelen) ? Le type de bateau (pêcherie ou cargo / déclaré ou non déclaré) ? La présence de rejets ? (Chapitre 3)